J’en ai assez d’être jugée !

Avant toute chose chère lectrice (ou lecteur), cet article n’est pas un énième débat « pour ou contre l’allaitement », c’est plutôt un témoignage. Ici, il est question de la maman, de ce qu’elle ressent et de sa décision qui sera légitime, quelle qu’elle soit.

« Alors, allaitement ou lait maternisé ? »

« Donc tu allaites ? Tu as raison, c’est bon pour ton bébé, il aura tous tes anticorps et puis l’allaitement est avant tout ce qu’il y a de plus naturel ! »

« Comment ça tu n’allaites pas ? C’est quand même plus pratique pour savoir ce que ton bébé a bu. Et puis comme ça, tu n’es pas obligée de montrer tes seins à tout le monde ! »

Stop …

Tout cela m’agace beaucoup.

Quand je regarde autour de moi, quand je vois la société dans laquelle nous vivons actuellement et la facilité qu’ont certaines personnes à juger, je suis choquée. En effet, j’ai souvent l’impression qu’il est difficile de s’écouter et de faire nos choix sans redouter le jugement des autres.

Il est tellement facile de critiquer ou d’émettre un avis sans que l’on y soit invité. Qui sommes-nous pour juger ?

Aujourd’hui, je m’adresse aux (futures) mamans à propos de leurs choix, sur un sujet qui fait régulièrement polémique et qui continue à susciter les débats : qu’est-ce que je veux pour mon bébé : l’allaiter ou lui donner le biberon ?

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Un choix à faire

La grossesse est un bouleversement dans la vie d’une femme. Plus le grand jour approche et plus nous sommes submergées par une multitude de questions, d’envies, de joies et d’appréhensions.

Dans ce tumulte d’interrogations survient le choix d’allaiter ou non notre bébé.

Il y a des femmes qui savent ce qu’elles veulent, qu’elles choisissent d’allaiter ou d’opter pour une alimentation à base de lait infantile.

Puis, il y a celles qui sont indécises, qui se posent encore beaucoup de questions et qui n’arrivent pas à faire un choix.

Quoi qu’il en soit, il est souvent difficile d’assumer pleinement nos choix sans craindre le jugement ou même le regard extérieur. Quand je dis « regard extérieur », je parle de la famille, des amies, du corps médical qui vous suit tout au long de votre grossesse ou encore de simples inconnus croisés dans la rue.

Dans cette aventure qu'est l'allaitement, vous n'êtes pas seule

Beaucoup d’entre vous connaissent déjà les bienfaits de l’allaitement. Je ne vais donc pas vous les rappeler, il est n’est pas question de culpabiliser.

L’allaitement peut être facile pour certaines d’entre vous et se révéler au contraire très difficile pour bien d’autres. Effectivement, l’allaitement peut être compliqué, voire laborieux lors de sa mise en place. Il peut alors naitre un sentiment de « déception », lié au fait de ne pas réussir à allaiter sereinement.

Ne vous culpabilisez pas.

On estime une durée nécessaire de trois semaines afin que l’allaitement s’installe et qu’il fonctionne correctement. Durant ces trois semaines… vous avez le temps de douter et de vous sentir démunie.

N’hésitez pas à solliciter le personnel soignant à la maternité. Il vous montrera les positions d’allaitement adéquates qui s’adapteront à votre état physique (césarienne ou accouchement voie basse). Ces mêmes personnes vous aideront pour les mises aux seins. Certains services de maternité vous proposent même des réunions d’information sur l’allaitement, animées par une référente en lactation.

Puis, une fois de retour à la maison, ne pensez pas que vous êtes seule au monde !

Face à la douleur de votre montée de lait, à la fatigue accumulée et les pleurs de faim de votre bébé, vous aurez peut-être le sentiment d’être démunie. Vous pouvez alors vous sentir découragée. Rassurez-vous, des personnes qualifiées sont là pour vous aider. Vous pourrez faire appel à une sage-femme libérale qui se rendra à votre domicile, dans un premier temps, puis vous pourrez également aller dans son cabinet. Elle vous aidera, vous conseillera et pourra ainsi vous rassurer.

Il y a également des associations d’aide à l’allaitement (La Leche League, Galactée en région Lyonnaise). Si vous avez des questions à poser, ne restez pas avec vos d’interrogations. Ces associations vous proposent des permanences téléphoniques et des réunions d’échange avec d’autres mamans dans la même situation que vous.

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Lait maternisé & biberon : ne culpabilisez pas

Pour celles qui choisissent le biberon, ne vous culpabilisez pas ! N’écoutez pas et ne vous attardez surtout pas sur les réflexions du type : « c’est dommage pour ton bébé, son système immunitaire aurait pu être renforcé grâce à ton lait » ou encore « toi, tu as plus de chances de développer un cancer du sein que celles qui allaitent ».

On entend souvent dire qu’allaiter crée une grande complicité avec son bébé. Vous créerez de la même manière un lien indéfectible au fil des biberons

Personnellement, j’ai allaité un seul de mes 3 fils et j’ai vraiment aimé cette période de lactation. Pour les deux autres, lorsque je donnais le biberon et qu’ils ouvraient leurs petits yeux tout ronds, me fixant du début à la fin, je vivais un pur moment de tendresse et d’amour. Les expériences sont ainsi différentes, elles n’en sont pas moins fortes ni belles.

Choisir le biberon est votre choix et personne ne doit le discuter.

Il peut y avoir une centaine de raisons vous poussant à ne pas allaiter :

  • Le stress de ne pas savoir si votre bébé a suffisamment bu,
  • L’image de votre enfant se nourrissant à vos seins, perturbant pour certaines femmes
  • La douleur de la montée de lait et les tensions mammaires,
  • L’angoisse concernant l’organisation personnelle et/ou professionnelle,

Et bien d’autres encore…

Mais finalement, peu importe vos raisons, vous nourrissez votre bébé et c’est bien ça le plus important.

Si vous n’êtes pas sereine, si vous allaitez à contrecœur et que vous appréhendez chaque tétée, ne vous forcez pas. Si vous n’éprouvez aucun plaisir bien dans ces moments de mise au sein, alors ne le faites pas, tout simplement.

Une fois votre décision prise, faites-vous confiance et tout ira pour le mieux.

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Faites-vous confiance et respectez-vous

En ce qui me concerne, j’ai allaité mon troisième enfant et mes débuts ont été compliqués, très compliqués même.

Engorgements, mastites, échographies mammaires pour vérifier la présence d’abcès, sans parler de la fatigue du troisième enfant et de la troisième césarienne.

Beaucoup me « conseillaient » d’arrêter. J’ai toutefois continué, car malgré les difficultés rencontrées, j’avais vraiment envie de vivre cette expérience. Je me suis écoutée et j’en suis ravie, aujourd’hui je n’ai pas de regret.

Sur mes 3 enfants, aucun n’a eu la même alimentation les premiers mois :

  • L’un n’a bu que du lait artificiel dès les premières heures de sa vie,
  • Pour le deuxième, je tirais mon lait et lui donnais au biberon,
  • Enfin, pour le dernier, c’était un allaitement exclusif jusqu’à ses 7 mois.

Je ne me suis jamais culpabilisée, car je me suis toujours écoutée, essayant de faire au mieux.

Ne laissez personne vous persuader que vous êtes « faites » pour allaiter (ou le contraire). Personne n’a le droit de décider à votre place, alors écoutez-vous et faites-vous confiance.

La mère c’est vous et personne d’autre ! Obtenir ou recevoir des informations sur les avantages / inconvénients de l’allaitement et du lait infantile est absolument nécessaire. Veillez toutefois à n’accepter que les conseils bienveillants, en prenant soin d’écarter les jugements.

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Si vous êtes sereine, votre bébé le sera également

Chaque maman est libre de choisir le mode d’alimentation de son bébé. Elle ne devrait pas craindre les reproches de son entourage ni avoir peur du regard des gens dans la rue lorsqu’elle dégrafe son soutien-gorge.

Vivez, assumez vos choix, vous serez en accord avec vous-même et votre bébé le ressentira.

On dit que les bébés sont comme des éponges. En effet, ils ressentent tout ce que leur mère éprouve, aussi bien la frustration que la plénitude.

Ne laissez rien ni personne s’immiscer dans votre petit cocon d’amour, avec votre bébé.

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Alors… pour conclure ?

Donner le sein ou proposer un biberon de lait infantile ? C’est une question que vous vous poserez nécessairement pendant votre grossesse. Cette question ne regarde que vous. Écoutez votre cœur, votre intuition, votre instinct maternel ou tout simplement vos envies ! De cette manière, votre bébé percevra et appréciera votre assurance et votre quiétude !

Vous penchez pour l’allaitement ? Allez-y, foncez, une expérience unique s’ouvre à vous ! Et ne vous découragez pas si les débuts sont difficiles. Rappelez-vous que vous n’êtes pas seule, des professionnel(le)s et associations sont là pour vous soutenir.

Si vous optez pour le lait maternisé, une fois dans les bras de papa, de mamie, de ses frères et sœurs… l’expérience n’en sera pas moins exceptionnelle. Donner un biberon en plongeant votre regard dans ses deux petites billes vous procurera un bien-être absolu. Ainsi, vous créerez un lien tout aussi unique avec votre enfant.

Et pourquoi se priver d’allier allaitement ET lait maternisé pour celles qui le souhaitent, si bébé l’accepte ?

Finalement, la meilleure option n’est-elle pas de s’écouter ? Les seuls bons choix sont ceux qui nous rendent heureuses et épanouies !

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